La conscience politique des individus ne commence pas avec la lecture de La République de Platon ou Le Code d’Hammurabi, mais au moment où nous réalisons que payer les taxes est notre pain et que l’eau, bien qu’elle soit la plus grande partie de la planète, pourrait un jour être vendue aux enchères. Par conséquent, notre conscience politique n’est pas une matière première et n’est pas hereditaire comme certains essaient de nous convaincre, mais elle est le produit de nos expériences de vie en fonction de notre classe, région, sexe, genre et accès à l’information, et elle change avec ces facteurs. Par exemple, l’expérience de l’hiver dans un palais bien équipé diffère de celle d’une personne qui s’inquiète du prix du mazout dans une maison dont les murs sont rongés par l’humidité. Bien sûr, cette affirmation est flexible, ce qui signifie qu’elle peut ne pas être précise dans certains cas, mais les cas individuels n’ont jamais été et ne seront jamais la norme en politique. Ainsi, parler de la jeunesse d’aujourd’hui, de leur conscience politique et de leur engagement dans la vie politique et le travail du parti, ne peut pas être unifié car la jeunesse n’est pas un bloc homogène.
Cependant, puisque certains facteurs influencent notre conscience politique, la similitude de ces facteurs chez plus d’un individu peut conduire à une conscience politique collective qui peut devenir une force effective influençant ces facteurs et travaillant à les changer ou à améliorer leurs conditions. Prenons l’exemple du soulèvement Libanais du 17 octobre. Ce soulèvement, sans précédent au Liban, a commencé avec les jeunes et a continué grâce à leurs efforts. Malgré sa diminution et sa sortie de la rue, il a – grâce aux jeunes – réussi à continuer dans le travail politique au sein des syndicats, des universités et jusqu’au parlement. La même jeunesse qui a organisé un mouvement étudiant global en 2019, quelques mois avant le soulèvement, est la même qui freine toute possibilité d’une nouvelle guerre civile. Nous sommes dans une phase de crises gérées par les ingénieurs des crises eux-mêmes, aucune solution n’est en vue, et nous sommes nés dans un pays où nous avons appris que la politique est parallèle à la guerre et que la survie n’est pas possible sans des milliers de cadavres empilés. Nous avons appris que l’existence doit être précédée d’une bataille d’annulation sanglante, et que les demandes évidentes ont des coûts énormes que nos petites épaules ne peuvent pas supporter. Pourtant, nous choisissons tous les jours de sortir le travail politique des menaces de sécurité, nous nous tenons comme un barrage entre un passé qui tente constamment de ronger les pieds de l’avenir, brisant la chaîne à son maillon le plus violent. Peut-être que les chiffres indiquent une diminution de la participation des jeunes à la vie politique, mais la réalité enregistre que nous sortons des cliniques psychiatriques pour combattre ce que la participation de nos proches en politique nous a laissé.




