Les relations consenties en dehors du cadre du mariage sont considérées comme problématiques et délicates dans nos sociétés, surtout qu’elles font partie des tabous sociaux liés à d’autres tabous tels que l’honneur, la virginité, la corruption, la religion… Bien sûr, la question cible principalement les femmes. En fin de compte, la plupart des tabous sociaux sont étroitement liés aux femmes, à leurs corps et à leurs libertés. Il s’agit donc d’une question de genre, qui fait des millions de femmes des victimes, face aux lois qui la criminalisent et restreignent de nombreuses personnes. C’est pourquoi certaines voix appellent à la décriminalisation.
Mais pourquoi faut-il décriminaliser ces exigences ?
Premièrement, comme mentionné précédemment, cette question est basée sur une discrimination fondée sur le genre, dans un contexte de lois qui créent des situations d’inégalité entre les sexes. Par exemple, supposons qu’un homme et une femme soient poursuivis pour corruption, l’homme est poursuivi s’il est marié pour adultère, qui peut être abandonné dès que la femme se rétracte, ce qui est généralement le cas, tandis que les femmes restent stigmatisées par le manque d’honneur et la corruption.
Deuxièmement, la question est également liée à une discrimination fondée sur la situation économique. Les femmes aisées et celles qui ont des emplois stables peuvent exercer leurs convictions et satisfaire leurs désirs en toute tranquillité, simplement en quittant le pays qui criminalise ces relations, et peut-être même à l’intérieur de celui-ci.
Troisièmement, ces exigences créent un environnement propice à de nombreux crimes contre les femmes, comme le viol et les pratiques violentes et rejetées par les femmes, où leur droit de refuser ou de revenir sur leur consentement est confisqué. Elles sont privées de leur droit de signaler ces crimes car elles sont en infraction avec la loi, sans parler des crimes dits d’honneur et de la légitimation et la permissivité de tuer et de maltraiter les femmes par leurs familles, et peut-être même par des personnes sans lien avec elles.
Quatrièmement, certains pays en Afrique du Nord et au Moyen-Orient ont signé et se sont engagés à appliquer les conventions internationales garantissant les droits de l’homme dans leur intégralité et leur universalité, et pourtant ils confisquent le droit des femmes et des hommes de choisir, de croire, de liberté et d’autres droits, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec les personnes concernées par ces conventions.
Enfin, le paramètre lié à la religion est le plus problématique et le plus dommageable pour ces droits. Bien qu’il soit sujet à controverse et à débat en termes d’objectifs de la charia, et même le mot “corruption” n’existe pas dans l’Islam par exemple, mais on trouve le terme “adultère” qui à son tour nécessite des conditions difficiles à réaliser si on veut appliquer la peine.
Par conséquent, à mon avis, il faut décriminaliser cette exigence et permettre à chaque personne de décider ce qu’elle veut faire, basé sur ses convictions personnelles non imposées.




