La constitution marocaine consacre plusieurs chapitres à la participation citoyenne, en particulier : l’article 12 qui souligne le rôle des associations et comment elles contribuent dans le cadre de la démocratie participative. L’article 14 et l’article 15 stipulent le droit des citoyens, des citoyennes et des organismes de la société civile à présenter des pétitions, des requêtes législatives. L’article 136 demande du conseil des collectivités territoriales de mettre en place des mécanismes participatifs pour le dialogue et la consultation, facilitant la contribution des citoyens, des citoyennes et des associations à l’élaboration et au suivi des programmes de développement.
Ces articles et les lois réglementaires encadrant le travail des collectivités territoriales ont accordé un espace et des opportunités pour garantir une participation active des jeunes et des citoyens aux affaires publiques locales. Cependant, plus d’une décennie plus tard, un désengagement des jeunes dans les affaires publiques et leur intérêt pour les affaires politiques générales du pays et pour les politiques publiques qui leur sont spécifiquement destinées, ainsi que pour les politiques sectorielles qui en découlent, sont devenus apparents.
Les statistiques de la “Haute Commission de la Planification” (un organisme officiel chargé des statistiques et des enquêtes économiques et sociales) sur la relation des jeunes avec la scène politique et partisane au Maroc, révèlent que 70% des jeunes ne croient pas à l’efficacité de l’action politique, 5% croient en l’action partisane, et seulement 1% sont actifs politiquement au sein des structures politiques, alors que les jeunes représentent 40% de l’électorat. Cela met en évidence le désengagement des jeunes de la scène partisane ou politique malgré un ensemble de lois et de mécanismes disponibles. Cela nous renvoie à une perte de confiance en tous les partis politiques et en leurs programmes électoraux, ce qui contribue largement au mécontentement des jeunes et à leur désengagement de la vie politique.
Contrairement aux générations précédentes de parents qui, malgré tous les contextes et circonstances, s’engageaient dans la participation électorale et s’intéressaient aux affaires publiques du pays à travers une variété d’espaces et de canaux, des partis, des syndicats, des clubs et des médias, les générations actuelles, malgré les ressources et les moyens à leur disposition pour influencer l’opinion publique et la prise de décision, montrent une baisse de la participation aux élections, particulièrement parmi les jeunes. Cela est une preuve claire du changement et de la différence dans la question de la participation.




