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L’avortement : Entre liberté personnelle et criminalisation

L’avortement est un phénomène social universel, généralement pratiqué, et particulièrement au Liban, où il était un sujet tabou jusqu’à ce qu’il devienne un enjeu public. Cela signifie qu’il est passé du non-dit au discours public, principalement grâce à de nombreuses associations actives au sein de la société civile, créant ainsi un débat entre ceux qui y sont favorables et ceux qui s’y opposent.

De nombreuses questions sont posées sur ce sujet, dont la plus importante est : l’avortement est-il un crime de meurtre ou non ? Cependant, toutes ces questions tournent autour du mari et du fœtus, et non autour de la femme qui est au cœur du problème. Désire-t-elle cette grossesse ? Est-elle prête à assumer la maternité, matériellement et spirituellement ?

En observant l’ensemble des problématiques féminines, nous remarquons une marginalisation systématique et évidente de leur liberté personnelle. Alors que la femme est au cœur du problème et la partie la plus concernée, elle est souvent mise de côté, privée de son pouvoir de décision et de sa volonté. Malgré la criminalisation de l’avortement dans de nombreux pays, il n’y a aucune objection à ce qu’une femme domestique, une réfugiée, ou une victime de viol subisse un avortement. Le droit d’une femme à l’avortement est directement lié aux méthodes d’exploitation dont elle fait l’objet, en plus du pouvoir accordé à l’homme sur le corps de la femme et ses décisions de vie. Certains tentent d’encadrer l’avortement sous un prisme religieux.

La question de l’avortement continue de rencontrer de nombreux courants qui s’y opposent, sous prétexte de religion. La plupart des religions monothéistes l’interdisent et le considèrent comme un meurtre. Cependant, en examinant de plus près les raisons réelles et les obstacles, nous constatons qu’un avortement avant 40 jours, ou avant trois mois, est souvent accepté si le mari donne son accord. Par conséquent, la question sort du cadre religieux pour entrer dans celui du pouvoir patriarcal exercé sur la femme et des traditions culturelles et sociales qui prévalent encore aujourd’hui sans justification rationnelle.

Ce refus de l’avortement a causé et continue de causer de nombreux risques et conséquences négatives pour la vie des femmes. Parmi elles, le fait de garder un enfant sans protection des droits de la femme célibataire et de son enfant, ce qui rend l’enfant non déclaré. De nombreux cas de ce genre existent au Liban, détruisant l’avenir de ces enfants. De plus, le recours à des avortements non sécurisés et clandestins, pratiqués dans des cliniques non autorisées et ne répondant à aucune norme sanitaire ou médicale, affecte la santé de la femme, peut conduire à une incapacité future à porter un enfant ou même causer sa mort. Ces avortements non sécurisés, accompagnés de chantage et de stigmatisation sociale, ne font qu’accroître le mal-être de ces femmes, simplement parce qu’elles ne peuvent exercer leur droit, quel que soit le degré d’acceptation sociale, religieuse ou légale de cette question. Malgré tout, un grand nombre de personnes à travers le monde luttent pour légaliser l’avortement sécurisé, pour décriminaliser cette pratique et pour assurer un accès sûr pour toutes les femmes.

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