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Le Liban, où va-t-il ?

Au milieu des tensions qui traversent le Liban, des explosions qui ont frappé le pays à tous les niveaux, nous nous retrouvons aujourd’hui assis dans un fauteuil de cinéma, attendant la fin d’un film au scénario prévisible et répété. 

Dans un contexte de crises successives, après l’effondrement du système financier, la dégradation de la monnaie et sa perte de valeur significative, l’absence de changement notable dans le comportement des élites politiques pour résoudre la crise, et le primat des intérêts privés sur l’intérêt public, le Liban se dirige vers une nouvelle zone d’effondrement et de dissolution à tous les niveaux. Après la crise économique et politique, nous sommes maintenant face à une crise sociale, où nous assistons littéralement à la dissolution de la société. Les gens se tournent littéralement vers le cannibalisme. Les prévisions indiquent une augmentation probable des taux de criminalité, de suicide, de traite des êtres humains, une perte de normes morales et une dégradation de l’environnement social. La question qui se pose est : où sera le Liban dans dix ans ? Selon les rapports, le pire est encore à venir. 

Bien qu’il soit impossible de prédire l’avenir, la situation au Liban est exceptionnelle, les probabilités étant désormais ouvertes et claires, la première étant une explosion totale à tous les niveaux. Le Liban a payé un lourd tribut à cause de ses alliances politiques et de sa dépendance, au point que nous réutilisons les termes de camp de l’Est et de l’Ouest, chaque faction politique et partisane se penchant uniquement vers son idéologie et ses propres gains. Le résultat sera une dérive totale, tant que la majorité des Libanais restent fidèles à leurs communautés.

La renaissance du Liban est hors de portée, et il n’y a pas de lueur d’espoir dans ce pays où les secteurs financier, sanitaire et économique ont effondré, et où l’on se dirige vers la destruction du secteur de l’éducation, avec des discussions claires sur la privatisation des universités publiques, en plus de la répression systématique imposée aux étudiants. 

La crise au Liban est multidimensionnelle et la plus dangereuse des crises que nous avons traversées, ses répercussions étant graves sur les plans économique et social, en raison de la fragilité structurelle de l’économie libanaise. 

On ne peut dire que le Liban est en voie de désintégration, et les signes de cette tendance sont évidents en regardant ce qui se passe dans les circonstances intérieures et extérieures. Si les choses restent telles quelles, toute la société se dirigera vers cette désintégration. Ainsi, dans dix ans, on peut supposer que les choses iront à la ruine comme il semble évident en fonction des conditions internes, surtout en l’absence d’une force politique progressiste et sociale capable d’imposer le changement ou de renverser l’équation dans le paysage, surtout dans un contexte régional marqué par une rivalité internationale constante. 

Nous sommes ici face à une épée à double tranchant : soit nous atteignons un stade de barbarie, soit une désintégration sociale qui pourrait conduire à la disparition du Liban en tant qu’État, ou une révolution menée par la classe sociale opprimée, si elle peut formuler son discours et créer une force sociale capable de changer en imposant son discours et sa représentation politique.

L’émigration n’est pas la solution. Nous sommes dans un pays sectaire, et nous ne pouvons pas laisser le Liban davantage aux sectes et à leurs leaders, mais nous devons dissoudre l’Accord de Taëf qui a renforcé le sectarisme et le régionalisme.

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